
Le nom de ce lieu peut faire penser à un antique centre d’entrainement pour gladiateurs ou à un lieu de bataille entre seigneurs ou villageois rivaux, son origine est beaucoup plus simple : les terres ont tout bonnement appartenu à Nicolas de Kempfer, d’où le nom de Kempferhof.
Nicolas de Kempfer obtient le fief de Plobsheim en 1684, après la signature du Traité de Westphalie en 1681, qui rattache définitivement l’Alsace au Royaume de France. Plobsheim est alors un village protestant dirigé par les Zorn. Nicolas de Kempfer et Christophe Güntzer font partie des premiers nobles alsaciens à se convertir au catholicisme, aussi, en gage de leur fidélité ils obtiennent le village de Plobsheim. Nicolas de Kempfer s’installe dans le château que les Zorn ont été obligés de quitter, chassés par Louis XIV. Christophe Güntzer se fait construire sa résidence qui se situe actuellement rue de l’église. Nicolas de Kempfer ne fera pas construire de résidence sur les terres de l’actuel Kempferhof, il s’agit d’un espace boisé dont il tire une partie de ses revenus.
Jean de Dartein, originaire du Périgord, est nommé commissaire général des fontes de l’artillerie à Strasbourg en 1758. Il sera notamment à l’origine du renouvellement de l’artillerie du Saint Siège. Louis XVI l’anoblira en 1778 et son fils, Charles Matthieu Sylvestre lui succèdera dans sa charge. En ces temps troublés, la guerre est une industrie florissante.
Mais à la fin de la Restauration, des difficultés surgissent dans les fonderies royales, le règlement de 1824 a resserré les tolérances admises jusque là dans la composition des alliages, de nombreuses dynasties de fondeurs sont remplacées par des officiers contrôleurs et les fonderies sont exploitées dorénavant en régie directe.
Les de Dartein prennent une nouvelle orientation et investissent dans la forêt.Ils possèdent bientôt de nombreuses étendues forestières notamment au Bernstein près de Dambach-la-Ville. C’est en 1837 que Félix de Dartein achète un premier lot de 46 hectares de forêts dur le ban communal de Plobsheim, son fils Jules construira le "Kempferhof".
Jules de Dartein est ingénieur, issu de l’Ecole Centrale, il élabore lui-même les plans du bâtiment qu’il fait construire à Plobsheim, au coeur de la forêt rhénane, vers 1880. Le Kempferhof est à l’image de ce personnage hors du commun : c’est un bâtiment extraordinaire et complexe qui allie avec audace la brique, le bois et le béton, la tour donjon abritait une véritable salle du trône. Jules de Dartein est un patriarche excentrique, d’une époque révolue, il n’en est pas moins un homme de savoir pourvu d’une grande générosité et il a su insuffler au Kempferhof son ambiance originale, empreinte de mystère, dont il ne se départira plus.
C’est également Jules de Dartein qui dessinera les plans de la chapelle lombarde où reposent quelques membres de sa famille. Il s’agit d’une chapelle à deux niveaux. Elle comporte une arcature aveugle en plein cintre. Les oculi (petits vitraux ronds) sont visibles de l’extérieur. La nef affecte la forme d’un U et l’édifice comprend un clocheton de pierre. Le choeur de la chapelle est constitué de voûtes et d’arcs en plein cintre.

Créé en 1990 en plein cœur du Ried alsacien, le Kempferhof déroule 85 hectares de nature sauvegardée, qui accueille hérons cendrés, vanneaux huppés, courlis et écureuils. Dès son arrivée sur le site le célèbre architecte américain Bob Von Hagge fut ébloui, il se souvient : " Je fus immédiatement frappé par la sensation de mystère, l’ambiance particulière que dégageait cette propriété. Brouillard et brume s’étaient abattus sur les champs et les bois qui s’étendaient et se confondaient au loin, offrant à la vue un paysage composite. J’étais enivré par cette atmosphère éthérée qui me rappelait tous ces paysages fabuleux des régions côtières des Etats-Unis, sur les îles de Georgie et des Carolines, ou encore certains terrains de golf absolument magnifiques, situés en Ecosse, au bord de l’océan. J’ai compris qu’il était de notre ressort d’en faire un chef d’œuvre qui soit reconnu et apprécié dans l’Europe entière".
Abandonné pour des demeures plus confortables, par les descendants de Jules de Dartein, le château du Kempferhof retrouve une nouvelle jeunesse grâce au golf.
Le château tout d’abord et l’ambiance originale qu’il dégage, son emplacement qui donne le sentiment de se trouver au bout du monde et l’atmosphère empreinte de mystère qui se dégage du paysage environnant ainsi que l’eau, omniprésente, sont autant d’atouts qui ont favorisé l’implantation d’un golf dans ces lieux.
Sous l’impulsion de Claude Bieth et ses associés, les travaux d’aménagement et de création du golf sont confiés à Robert van Hagge dont le savoir faire dans ce domaine n’est plus à prouver. Les seuls impératifs qui lui seront donnés sont de concevoir un golf qui s’intègre parfaitement dans son milieu naturel en le préservant et de réaliser un parcours technique de niveau international. L’architecte américain a parfaitement rempli sa mission et depuis 1988, le golf du Kempferhof déroule ses 85 hectares de paysages splendides le long du plan d’eau.
Venez défier ce parcours d’exception ! Ses greens surélevés très travaillés entourés de bunkers (marque de fabrique de Bob Van Hagge !), ses fairways étroits, bordés d’eau (présente sur 16 des 18 trous), et ses départs d’une beauté enivrante vous attendent pour une partie de golf hors du commun.
Son entretien relève de l’excellence, Daniel VARREY l’intendant de Terrain et son équipe s’emploient tous les jours pour vous assurer des conditions de jeu optimum. Fort de son expérience dans de nombreux golf réputés notamment en Australie et en Italie, le Kempferhof est en passe de devenir l’un des golfs utilisant seulement des fertilisants 100% organiques.